Dynasties

Les Almoravides (1040-1147) : du Sahara à Marrakech

Les Almoravides (1040-1147) : du Sahara à Marrakech

Les Almoravides viennent du désert. Au XIe siècle, une confédération de tribus berbères sahariennes, parti d'une prédication religieuse, s'empare du Maghreb et du sud de la péninsule ibérique. En un siècle, elle fonde Marrakech, impose une lecture sévère de l'islam et laisse derrière elle des bâtiments que l'on visite encore.

Les gens du ribat

Vers 1040, les Lemtouna et les Juddala, du grand groupe berbère des Sanhajas, nomadisent entre le sud du Maroc et le fleuve Sénégal. Le prédicateur malékite Abdallah ibn Yasin leur donne un cadre : un ribat, forteresse-relais où l'on combine prière et combat. D'où le nom que lui donnent les chroniqueurs, al-Morabitoun, les gens du ribat, devenu Almoravides en français.

La première phase d'expansion commence en 1055 et emporte Azougui, Aoudaghost, Aghmat et Sijilmassa. La résistance des Berghouata coûte la vie au prédicateur, tué au combat en 1059. Le siège du pouvoir passe alors d'Azougui à Aghmat.

Marrakech, capitale

Abou Bakr ben Omar cède la place à son cousin Yusuf ibn Tachfin, qui gouverne à partir de 1072. Marrakech, fondée vers 1070, devient la capitale du pouvoir almoravide. La ville est créée de toutes pièces : remparts, kasbah, quartiers, et un appareil administratif qui tourne.

L'Andalous sous domination almoravide

En 1083, les Almoravides prennent Ceuta et Tanger et ouvrent l'accès au détroit de Gibraltar. Trois ans plus tard, les rois taïfas d'al-Andalus, menacés par Alphonse VI, demandent leur aide. Le 23 octobre 1086, la bataille de Sagrajas (Zallaqa) met en déroute l'armée castillane. D'ici 1094, l'ensemble d'al-Andalus est occupé.

La conquête n'est pas qu'une affaire de campagnes : les Almoravides y imposent le sunnisme malékite, en rupture avec les tendances qu'ils jugent hérétiques.

Un siècle de pouvoir

À Marrakech, ils laissent la kasbah, les premiers remparts et la Koubba Barodin, seul bâtiment almoravide conservé dans la ville. À Fès, le sultan Ali ben Youssef fait élargir en 1135 la mosquée Al-Qaraouiyine, de 18 à 21 nefs, c'est-à-dire de 18 à 21 rangées de colonnes dans la salle de prière. C'est l'extension qui lui donne ses proportions actuelles.

La chute, face aux Almohades

Dès 1121, une prédication nouvelle se lève dans le Haut Atlas. Ibn Tumart, chez les tribus Masmouda, prêche l'unité divine et gagne ses partisans. Devant Marrakech, l'armée almoravide est battue à la bataille d'Al-Buhayra en 1128. Ibn Tumart meurt vers 1130, et son successeur Abd al-Mumin achève le travail : Marrakech tombe en 1147, le dernier sultan Ishaq ben Ali est tué.

Il faudra attendre les Almohades pour voir se dresser le minaret de la Koutoubia, à l'emplacement d'une mosquée almoravide. Les traces almoravides à Marrakech sont rares mais réelles, et elles se visitent.

R

Rédaction

Auteur chez Le Guide Marocain