Fondée entre 1070 et 1072 par les Almoravides, Marrakech a donné son nom au pays. Sa médina de 600 hectares est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985 et reste la plus peuplée d'Afrique du Nord.
Une capitale qui a changé plusieurs fois de maîtres
Youssef ben Tachfine transforme un campement de nomades en place fortifiée, à partir de « Qsar al Hajar », et donne à Marrakech son visage de capitale. Le contact avec l'Andalousie marque toute l'architecture de la ville. Les Almoravides y créent de nombreux quartiers dès cette époque.
En 1147, les Almohades s'emparent de la ville et en font leur centre politique et culturel. Le premier calife, Abdelmoumen, ordonne l'édification de la première mosquée de la Koutoubiya. Son successeur, Yacoub El Mansour, construit entre 1185 et 1190 une nouvelle kasbah avec enceinte fortifiée, porte monumentale, palais, jardins, pavillons et bassins.
Sous les Mérinides, la ville est éclipsée par sa rivale Fès. Elle retrouve son rang avec les Saâdiens : Abdallah al Ghalib rétablit les réseaux d'eau et la kasbah en ruine, puis crée le Mellah, le quartier juif. Ahmed El Mansour fait élever le palais El Badi et ses annexes, bordées de jardins royaux et de la nécropole. Entre 1562 et 1573, le quartier de la grande mosquée Ben Youssef est rénové avec les complexes El Mouassine.
Avec les premiers Alaouites, Marrakech cesse d'être la capitale : Moulay Rachid et Moulay Ismaïl lui préfèrent Fès et Meknès.
La médina, quartier par quartier
La place Jemaa El Fna, théâtre en plein air, est inscrite elle-même au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Elle se remplit le soir de conteurs, de musiciens et de cuisiniers ambulants.
Autour de la Koutoubiya, les souks s'organisent par métier : épices, fourrures, tissus, bois. Le quartier de la Koutoubiya et celui de Bab Agnaou marquent l'entrée de la kasbah. Le palais El Badi, aujourd'hui en ruine, se visite en contrebas de la médina, près des tombeaux saadiens.
Quand y aller
Le printemps et l'automne supportent le mieux la marche dans les ruelles. Comptez deux jours : un pour Jemaa El Fna, la Koutoubiya et les souks, un pour la médersa Ben Youssef, le palais El Badi et le Mellah.
Prolongez par Essaouira, à deux heures de route, ou par les festivals de la ville : le Festival international du film et le Festival des arts populaires. La fiche de l'UNESCO donne le détail de l'inscription de 1985.