Visiter la région Dakhla-Oued Ed-Dahab commence par un chiffre : 130 898 km², soit 18,4 % du territoire marocain. La région compte 142 955 habitants au recensement de 2014. Près de trois quarts d'entre eux vivent en ville, sur une presqu'île de 40 kilomètres.
Le reste du territoire est peu habité au sens propre : 667 kilomètres de côte atlantique et une baie classée zone humide d'importance internationale. Derrière, des plateaux de cailloux vont jusqu'à la frontière mauritanienne.
Vous venez pour le vent, la pêche, la route ou le silence. Ce guide passe au crible les deux provinces, Oued Eddahab et Aousserd : dates, distances et réserves à connaître avant de réserver.
Histoire de la région Dakhla-Oued Ed-Dahab en bref
En 1884, le capitaine Emilio Bonelli reprend l'installation espagnole de la côte et la rebaptise Villa Cisneros. La localité devient capitale de la province de Río de Oro, dans le Sahara espagnol. Villa Cisneros reste le nom espagnol de la ville, remplacé par Dakhla après 1975.
Dans les années 1920, la ville fait escale sur la ligne aérienne Toulouse-Dakar mise en place par Pierre-Georges Latécoère. Les avions y remplissent leurs réservoirs avant de gagner Saint-Louis du Sénégal.
Le vieux port vient de la même période, construit du temps de l'occupation espagnole. Son ouvrage d'accès de 1 500 mètres sert aujourd'hui à la Marine royale. Sur la rive, l'église catholique, le phare de la côte ouest et la Casa del General donnent la mesure de la ville basse.
Après le retour des provinces sahariennes au Royaume en 1975, l'administration se réorganise. Le découpage de 2015 donne à la région son nom actuel, en conservant les deux provinces de l'ancien découpage. Sa densité n'atteint que 1,09 habitant au kilomètre carré, contre 47,6 au niveau national.
Que voir et que faire dans la région Dakhla-Oued Ed-Dahab
Comptez deux jours pour Dakhla et sa baie, un troisième pour le désert de la province d'Aousserd. Les distances se raccourcissent sur la carte, beaucoup moins sur place : prévoyez du carburant.
Dakhla, une ville étirée sur sa presqu'île
La ville occupe une bande de 40 kilomètres de long sur 2,5 à 5 kilomètres de large. Une seule route suit la dune, l'océan d'un côté, la baie de l'autre.
Au centre se trouvent le marché et le complexe de l'artisanat, où l'on voit se travailler le bois, le cuir et les tissages. C'est là que se négocie le melhfa, ce large voile que les femmes drapent par plaques.
Lien interne suggéré : Savoir-faire liés à l'artisanat — page Patrimoine culturel.
La baie de Dakhla et ses plages abritées
La baie mesure 37 kilomètres de long sur 400 km². Elle abrite plus de 120 espèces de mollusques, dont certaines endémiques, et plus de 41 espèces de poissons. Classée zone Ramsar depuis 2003, elle est aussi reconnue comme zone importante pour la conservation des oiseaux.
Les plages de la baie, comme Batalha, PK25 et Lasarga, restent à l'abri du ressac. Elles se rejoignent en voiture depuis Dakhla, de préférence tôt le matin.
Lien interne suggéré : Patrimoine naturel — page Patrimoine naturel.
Le vieux port, le phare et les murs espagnols
L'ancien port a été construit du temps de l'occupation espagnole : un ouvrage d'accès de 1 500 mètres et un wharf de 450 mètres. Il sert aujourd'hui à la Marine royale. De l'autre côté de la baie, le port Ilot reçoit les navires de la pêche hauturière.
La côte ouest porte le phare. La ville garde aussi l'église catholique espagnole, la Casa del General et le portail de l'ancienne cité administrative. Ces bâtiments se visitent de l'extérieur, à pied, en une heure.
Lien interne suggéré : Monuments militaires et défensifs — page Monuments.
La Côte des Phoques, jusqu'à la frontière
Au sud de Dakhla, la côte des phoques court entre la route et l'océan. Le phoque moine s'y abrite dans des grottes marines, entre Gargarate et Lagouira. La population mondiale de l'espèce avoisine 300 individus, dont 100 à 120 vivent ici.
Le parc national de Dakhla, qui englobe ce littoral, figure sur la liste indicative de l'UNESCO. Restez en bord de falaise, sans descendre dans les grottes, et repartez sans rien laisser.
Lien interne suggéré : connaissances pratiques concernant la nature — page Patrimoine culturel.
Les gravures rupestres de la province d'Aousserd
À l'est de Dakhla, les sites de Boularyah et d'Aghailass couvrent des tombes circulaires et des tablettes de pierre levées. Plus au sud, Aglibat Masdar conserve des gravures d'animaux qui n'existent plus sur ces terrains. Oum Argawen et Akhnifissia ajoutent des dessins et des tombes en petites pyramides.
Il n'y a ni panneau ni signalisation sur place. Prenez de l'eau, un véhicule adapté et un guide local : les repères se perdent dans le reg après le premier coup de vent.
Lien interne suggéré : lieux légendaires et de mémoire — page Patrimoine culturel.
Les plateaux du reg, entre Aousserd et Imlili
Le désert oriental de la région n'est pas une mer de sable mais une plaine de cailloux, appelée reg. Ses teintes sombres tranchent avec les surfaces claires déposées par le vent. À l'intérieur, Adrar Souttouf atteint 518 mètres et Capbarbas 610 mètres.
Les parcours nourrissent dromadaires, ovins et acacias : l'élevage couvre plus de 90 % de la superficie de la région. Le bivouac et la randonnée chamelière s'y pratiquent, hors des périodes de grand vent.
Lien interne suggéré : pratiques et modes de subsistance — page Patrimoine culturel.
La culture hassanie, en soirée
La culture hassanie, celle des nomades du Sahara, se transmet par la poésie, les proverbes et les contes. Les chants et les danses accompagnent mariages et moussems, ces rassemblements annuels où les tribus se retrouvent autour d'un stand.
Le moussem de Tan-Tan rassemble plus de trente tribus et figure au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2008. Ses dates varient d'une année sur l'autre : demandez-les à votre hébergement avant de partir.
Lien interne suggéré : Moussem de Tan Tan — page Moussems.
Quand visiter la région Dakhla-Oued Ed-Dahab
La région connaît un climat aride tempéré, refroidi par le courant marin des Canaries. Sur la bande littorale, les minima tournent autour de 13 à 19 °C et les maxima autour de 23 à 28 °C. L'humidité y reste élevée, entre 74 et 90 %, avec une rosée nocturne qui arrose les parcours.
Vers l'est, tout se durcit : les amplitudes journalières augmentent et l'humidité chute. Le vent dominant vient du nord-ouest au nord-est, ce qui explique la réputation de la baie auprès des pratiquants de kitesurf et de surf. En décembre, janvier et mars, le Chergui, vent chaud de l'intérieur, fait tomber l'humidité à 20 %.
Les précipitations restent faibles : moins de 200 mm sur la côte, moins de 60 mm pour l'ensemble du territoire. Pour marcher et rouler confortablement, le printemps et l'automne restent les fenêtres les plus sûres [À VÉRIFIER].
Un rendez-vous fixe anime l'automne : la Coupe du monde de kitesurf « Prince héritier Moulay El Hassan – GKA ». Elle s'est tenue du 29 septembre au 6 octobre 2024, puis en octobre 2025. Les dates de la prochaine édition sont à confirmer avant de réserver votre vol.
Comment se rendre dans la région Dakhla-Oued Ed-Dahab et s'y déplacer
En avion : l'aéroport international de Dakhla est le seul de la région. Sa nouvelle aérogare, mise en service le 13 décembre 2010, couvre 2 600 m² pour une capacité annoncée de 300 000 passagers par an. Le trafic a atteint 96 746 passagers en 2014, en hausse de 27 % sur un an.
Fréquences et destinations changent selon les saisons : vérifiez-les auprès des compagnies avant d'acheter [À VÉRIFIER].
En car : aucune ligne de train ne dessert la région, le réseau ferroviaire s'arrête bien au nord. Quatre sociétés de transport assurent les départs depuis Dakhla, dont CTM et Supratours. Des liaisons partent vers Laâyoune au nord et vers la frontière de Gargarate au sud.
En route : la route nationale 1 est le seul axe majeur. La région compte 1 298 km de routes nationales et 2 071 km de routes provinciales, dont environ un quart est revêtu. Les stations-service sont espacées, surtout au sud : faites le plein à chaque halte.
Sur place : la location de voiture reste la plus souple pour la Côte des Phoques et les gravures de l'intérieur. En ville, taxis et motos-taxis couvrent les distances courtes : fixez le prix avant de monter.
Pour préparer l'étape suivante, la région voisine de Laâyoune – Sakia El Hamra se rejoint par la route nationale, avec une journée entière de trajet.
Où se loger et que goûter
En famille : restez dans le centre de Dakhla, à proximité des commerces, des services et de la plage. La province d'Oued Eddahab regroupe 89 % des habitants de la région et la totalité des établissements classés recensés.
En couple : choisissez un lodge sur la baie ou la lagune, à distance du centre. La lumière du soir sur l'eau compense la route des restaurants. Réservez plusieurs semaines à l'avance en septembre et en octobre.
Petit budget : les pensions et maisons d'hôtes de la ville restent les plus accessibles. Dans la province d'Aousserd, l'offre se raréfie : prévoyez le bivouac [À VÉRIFIER].
À table, la région sert la lahssa, une soupe d'orge en deux versions : rouge à la farine, blanche au lait et à l'orge grillée. Le zrik, lait de chamelle ou de chèvre coupé d'eau et sucré, circule dans un pot de la main droite à la gauche. Le poisson de la baie et le méchoui de dromadaire complètent la carte des tables locales.
Itinéraire sur place
Une journée, depuis Dakhla :
- Matin : marché et complexe de l'artisanat, puis cité ancienne, phare et Casa del General.
- Midi : poisson grillé sur le port, à côté des chalutiers qui déchargent.
- Après-midi : plage de PK25 ou de Batalha, dans la baie, à l'abri du ressac.
- Fin de journée : bord de lagune, oiseaux d'eau et lumière rasante sur l'eau.
Trois jours, le tour des deux provinces :
- Jour 1 : Dakhla, sa baie et ses plages, sans quitter la presqu'île.
- Jour 2 : route vers le sud, Côte des Phoques, Gargarate et village de Lagouira.
- Jour 3 : province d'Aousserd, gravures rupestres d'Aglibat Masdar et plateaux du reg.
Les journées 2 et 3 se font impérativement avec du carburant plein et un véhicule adapté.
Conseils pratiques
- Soleil et vent : crème solaire, lunettes et une veste légère, l'écart entre jour et nuit reste fort.
- Eau et carburant : emportez des réserves, les stations sont rares une fois hors de Dakhla.
- Faune : ne descendez pas dans les grottes de la Côte des Phoques et restez à distance des oiseaux.
- Tenue : épaules et genoux couverts dans les lieux religieux, un voile protège du sable et du vent.
- Horaires : les prières, le vendredi et le Ramadan déplacent les ouvertures, à vérifier sur place.
- Argent : gardez des espèces pour l'intérieur, les distributeurs restent concentrés à Dakhla [À VÉRIFIER].
- Zones frontalières : renseignez-vous sur les conditions d'accès avant de partir vers Gargarate [À VÉRIFIER].
Questions fréquentes
Combien de jours pour visiter la région Dakhla-Oued Ed-Dahab ?
Deux jours suffisent pour Dakhla, sa baie et ses plages abritées. Ajoutez ensuite une troisième journée pour la province d'Aousserd et ses gravures rupestres. Avec quatre jours, vous montez jusqu'à Laâyoune par la route, en comptant une journée entière de trajet.
Quelle est la meilleure période pour aller à Dakhla ?
Le printemps et l'automne offrent les températures les plus stables, avec des maxima autour de 28 °C sur la côte. L'hiver reste doux mais le Chergui assèche l'air en décembre, janvier et mars. La Coupe du monde de kitesurf, fin septembre et début octobre, rythme l'automne.
Comment se rendre de Laâyoune à Dakhla ?
La route nationale 1 relie les deux villes par Boujdour, sur plus de 500 kilomètres [À VÉRIFIER]. Des cars quotidiens partent de la gare routière de Laâyoune, durée à confirmer selon les horaires. L'avion reste l'option rapide, avec des vols à vérifier selon la saison.
Que faire à Dakhla sans pratiquer de sport nautique ?
Vous visitez le vieux port et la cité espagnole, vous marchez sur les plages de la baie, vous poussez jusqu'à la Côte des Phoques. La province d'Aousserd ajoute les gravures rupestres et les plateaux du reg. Le marché et le complexe artisanal occupent un matin entier.
Qu'est-ce qu'on mange à Dakhla ?
La lahssa, soupe d'orge rouge ou blanche, et le zrik, lait de chamelle ou de chèvre sucré et coupé d'eau, accompagnent les repas. On y mange aussi le poisson de la baie, la langouste et le méchoui de dromadaire. Demandez le plat du jour, sans prix affiché à l'avance.
Préparer votre séjour dans la région
Vous avez les distances, les saisons et les deux provinces tracées. Il reste à choisir votre rythme : deux jours pour la côte, trois pour le tour complet.
Planifier mon voyage dans la région Dakhla-Oued Ed-Dahab, c'est fixer vos dates et votre véhicule. Réserver une visite guidée dans la région, c'est rejoindre les sites de l'intérieur avec quelqu'un qui connaît le terrain.
La monographie de la région Dakhla-Oued Ed-Dahab
La monographie de la région est un document officiel édité par le Ministère de l'Intérieur et les conseils régionaux. Elle rassemble, province par province, la population, l'économie, les infrastructures, le tourisme, l'agriculture, la santé et l'éducation. Le voyageur y trouve des chiffres datés et sourcés pour comparer ce qu'il lit ailleurs.
Télécharger la monographie officielle de Dakhla-Oued Ed-Dahab (PDF).