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Un Système d’informations géographiques (SIG) pour Casablanca n’est plus un rêve.
C’est bel et bien une réalité. Certes, le projet a déjà été annoncé en 2003 avec une affectation budgétaire de 12 millions de DH. Mais il a dû dépasser des résistances. «De 2003 à 2007, trois responsables ont été nommés justement pour prendre en charge la mission de réalisation d’un SIG. Ils en ont été dissuadés par des résistances de l’intérieur», indique un de ses responsables qui a préféré garder l’anonymat. Le SIG a aussi buté sur la conception. Au départ, le scénario privilégié focalisait sur la technique et relègue au second plan l’humain.
«Ces défauts de conception ont été réajustés. Désormais, l’humain, dans la nouvelle organisation du pôle SIG à la mairie, a été rétabli à sa juste place. Par ailleurs, ce n’est plus la vision globalisante qui oriente la mission», affirme Taoufiq Naciri qui chapeaute la mission SIG à la ville. Dorénavant, le groupe de travail donne la prééminence à une conception thématique. Ce sont des thématiques bien précises qui feront l’objet d’une collecte de données dans un premier temps. Par la suite, le SIG sera étendu à d’autres centres d’intérêt par ordre de priorité et d’importance pour la ville de Casablanca. «Les thèmes qui composeront la banque de données urbaines sont le mobilier urbain, l’infrastructure, les établissements classés et activités commerciales, les déplacements collectifs et le stationnement», indique Hassan Afendi, chargé du pôle SIG à Dar Al Khadamate à la mairie. «Nous voulons faire du SIG un outil de maîtrise de tous les éléments qui composent le patrimoine de la ville. Personne ne peut prétendre aujourd’hui connaître avec exhaustivité les terrains de la ville, ses bâtiments, ses parkings et ses jardins et parcs», note Naciri. Ce sont là justement les sous-rubriques de la thématique «activités commerciales et établissements classés».
Idem pour la thématique «mobilier urbain». La ville a la charge de gérer en bon père de famille le domaine public dans le seul intérêt de la collectivité. En cela, l’occupation du domaine public est autorisé par la commune: affichage publicitaire public et privé, affichage informationnel (panneaux, enseignes, pré-enseignes, totem, etc.) et tout autre forme d’occupation du domaine public (kiosque, taxiphones, terrasses de café et restaurants, etc.).
Rare cependant que la ville ait la maîtrise de ce qu’elle autorise. Il y a des implantations de panneaux en cachette, les cafés et restaurants débordent sur les espaces autorisés. Un SIG en bonne et due forme permettra un suivi précis et justifié.
Le pôle SIG travaille d’arrache-pied et en parallèle sur la thématique des déplacements collectifs. Il s’agit de collecter et de classer les informations se rapportant aux lignes de bus, aux abris et potelets de bus, dépôts et parkings des opérateurs. De cette façon, la ville disposera d’informations fiables qui pourraient constituer un outil d’aide à la décision. Surtout que dans le transport par bus, actuellement, c’est le chaos. Un SIG relatant des informations géographiques localisées de cette thématique mettra à la disposition du maire un faisceau d’options en toute connaissance de cause. Une autre thématique dans cette première phase de constitution de base de données urbaine concerne les infrastructures. Ce qui rendra un grand service à la division qui en est chargée. D’autant plus que l’équipe chargée du SIG est en train de collecter des données sur le découpage administratif, la voirie, les carrefours et la signalisation. Une dernière thématique: l’épineuse question du stationnement avec une focalisation sur le stationnement sur voirie, parkings, stationnement réservé et stationnement horizontal.
Marché et objectif
L’objectif n’est pas en soi la constitution d’un SIG. «Mais, primo, c’est pour avoir de la visibilité et protéger le patrimoine de la ville contre toute velléité. Secundo, améliorer les ressources à travers la géo-spatialisation de l’assiette fiscale», souligne Nacir, chargé du SIG. Un dernier objectif: suivre l’évolution de l’espace urbain par un SIG actualisé.
Le marché portant sur le SIG a été lancé en septembre 2008. C’est la société Mégatel Victra qui l’a remporté avec une offre financière de 5 millions de DH.
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