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Visiter la région Guelmim-Oued Noun : des dromadaires à l'art déco

Visiter la région Guelmim-Oued Noun : des dromadaires à l'art déco

Visiter la région Guelmim-Oued Noun commence par un découpage. Quatre provinces la composent : Guelmim, Sidi Ifni, Tan-Tan et Assa-Zag, réunies en 2015 sur 46 108 km².

Ces 46 108 km² représentent 6,49 % du territoire marocain. Le recensement de 2014 y dénombre 433 757 habitants, soit 9,4 habitant au kilomètre carré, répartis dans 53 communes dont 8 urbaines.

L'océan ferme l'ouest, l'Anti-Atlas barre le nord, le Sahara couvre le sud. Vous venez pour le souk aux dromadaires ou pour une plage sans nom. Ce guide passe les quatre provinces au crible, avec les dates et les réserves à connaître.

Histoire de la région Guelmim-Oued Noun en bref

En 1860, le traité de Wad-Ras accorde à l'Espagne le droit d'installer une colonie sur la côte atlantique marocaine. Les Espagnols n'en prennent possession qu'en 1934, à Sidi Ifni, où ils bâtissent une ville neuve en quelques années.

Le plan d'urbanisme de ces années-là reste lisible : rues droites, façades art déco, place de l'ancienne Plaza de España. La guerre d'Ifni, de 1957 à 1958, oppose l'armée espagnole aux tribus des Aït Baâmrane et à l'Armée de libération marocaine. L'Espagne se replie sur la ville, puis rend le territoire le 30 juin 1969.

Le commerce transsaharien a laissé une autre trace : le moussem de Tan-Tan. Il est né en 1963 autour du tombeau du cheikh Mohamed Laghdaf, mort en 1960. Un moussem est une foire annuelle où les tribus se retrouvent pour prier, échanger et célébrer.

Interdit en 1979, relancé en 2004, ce rassemblement figure au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2008. Il réunit plus de trente tribus du Sahara et du nord-ouest africain.

Le découpage territorial du 20 février 2015 donne à la région son visage actuel. Guelmim, Assa-Zag et Tan-Tan viennent de l'ancienne Guelmim-Es-Semara ; Sidi Ifni arrive de Souss-Massa-Drâa. Es-Semara part vers Laâyoune et Tata vers Drâa-Tafilalet.

Les tribus Tekna, sahraouies, structurent encore la vie sociale des quatre provinces et les routes caravanières du Sud.

Que voir et que faire dans la région Guelmim-Oued Noun

Comptez deux jours pour Guelmim et ses oasis, un troisième pour la côte. Les distances se raccourcissent sur la carte, moins sur place : prévoyez du carburant et de l'eau.

Le souk Amhayrich, marché aux dromadaires de Guelmim

Le souk Amhayrich se tient chaque samedi matin, à la sortie de Guelmim sur la route de Tan-Tan. On y vend des dromadaires, des ovins, des céréales et l'épicerie des éleveurs. L'enclos des animaux se remplit dès l'aube, puis la foule se disperse devant la chaleur.

Venez tôt, demandez la permission avant de photographier, gardez du liquide : ni distributeur ni banque dans le secteur.

Lien interne suggéré : Moussem de Guelmim (Asrir) — page Moussems.

Le chapelet d'oasis de Tighmert et d'Asrir

Le long de l'oued Noun, une suite de palmeraies relie Tighmert, Taourirt, Asrir et Zraywila. Ce chapelet d'oases a été présenté à l'UNESCO en juillet 2016, au titre des critères culturels, sous la référence 6159. Les archéologues y reconnaissent Nul-Lamta, capitale médiévale du littoral saharien jusqu'au XVIe siècle.

Les canaux d'irrigation se traversent à pied, entre les greniers de terre et les figuiers de barbarie. Asrir abrite l'un des moussems les plus anciens de la région. On y voit la danse de la guedra et des démonstrations de tbourida, l'art équestre des tribus du Sud.

Lien interne suggéré : pratiques, rituels et événements festifs — page Patrimoine culturel.

L'agadir Id Aïssa, grenier fortifié d'Amtoudi

Un agadir est un grenier collectif fortifié, posé sur un promontoire, où chaque famille possède sa cellule. Celui d'Id Aïssa domine l'oasis d'Amtoudi, dans l'Anti-Atlas, entre Bouizakarne et Tata. Les guides le font remonter au XIIe siècle et y comptent 73 cellules [À VÉRIFIER].

Le sentier monte en une quarantaine de minutes depuis le village. Prenez de l'eau et des petites coupures : il n'y a ni distributeur ni banque à Amtoudi.

Lien interne suggéré : l'architecture vernaculaire — page Monuments.

Sidi Ifni et son centre art déco

Sidi Ifni fut une enclave espagnole jusqu'en 1969. La place Hassan II, ancienne Plaza de España, en est le point central. L'ancienne cathédrale Santa-Cruz sert aujourd'hui de mairie ; le phare et le palais du gouverneur regardent l'océan.

Les façades de béton dessinées dans les années 1930 ont tenu, malgré le vent et l'air salé.

Le quartier se parcourt à pied en une heure. Un souk s'y tient le dimanche [À VÉRIFIER], sur la hauteur de la ville.

Lien interne suggéré : tissus urbains anciens — page Monuments.

Legzira et ses arches de grès rouge

Entre Mirleft et Sidi Ifni, la plage de Legzira déroule huit kilomètres de grès rouge. Deux arches naturelles marchaient autrefois sur l'eau. La plus célèbre s'est effondrée le 23 septembre 2016 ; celle qui reste se visite à marée basse.

L'accès se fait à pied depuis la route, en chaussure accrocheuse. Le vent et le ressac y sont constants : restez loin de la falaise, la roche s'effrite.

Lien interne suggéré : le patrimoine naturel — page Patrimoine naturel.

Tan-Tan, le port d'El Ouatia et la Plage Blanche

Tan-Tan compte 73 209 habitants au recensement de 2014, deuxième ville de la région. Son port, El Ouatia, se trouve à 25 kilomètres à l'ouest. La monographie régionale en fait le premier port sardinier du Maroc, avec 42,3 % de la production nationale.

Sur la côte, la Plage Blanche étale 50 kilomètres de sable à une cinquantaine de kilomètres de Guelmim, entre dunes ocre et ligne d'écume. Le conseil régional la présente comme la plus longue plage d'Afrique [À VÉRIFIER].

Lien interne suggéré : Moussem de Tan Tan — page Moussems.

Assa-Zag, la zone désertique du sud-est

La province d'Assa-Zag ferme le sud-est du territoire, avec 44 124 habitants au recensement de 2014. Elle correspond à la zone désertique décrite par la monographie : dunes, acacias et oasis répartis sur une plaine sèche. Les sebkhas de Tah et de Tazgha en marquent les dépressions.

L'étape se prépare avec du carburant, de l'eau et un itinéraire annoncé à quelqu'un. Les villages y sont espacés, la portée téléphonique aussi [À VÉRIFIER].

Lien interne suggéré : Laâyoune – Sakia El Hamra — page Régions.

Quand visiter la région Guelmim-Oued Noun

Le climat est semi-aride, tempéré par l'Atlantique et durci par le Sahara. La monographie retient 80 mm de pluie par an en moyenne : 10 mm à l'est, 150 mm autour de Guelmim. Deux vents dominent, le Gharbi venu du nord-ouest et le Chergui venu de l'est.

Les vents faibles couvrent d'octobre à fin mars. D'avril à fin septembre, les vents forts déplacent trois fois plus de sable : les routes se désensablent, les façades s'usent. Le sud et l'est deviennent pénibles en journée.

Pour marcher et rouler, le printemps et l'automne restent les fenêtres les plus sûres. Les moussems ponctuent l'année, avec des dates qui bougent selon les éditions : le moussem de Tan-Tan s'est ainsi déplacé de mai vers l'automne. À Sidi Ifni, un moussem de la figue de barbarie est annoncé à l'été [À VÉRIFIER].

Comment se rendre dans la région Guelmim-Oued Noun et s'y déplacer

En avion : la région compte deux aéroports, à Guelmim et à Tan-Tan. Royal Air Maroc y relie Casablanca, et des vols vers les Canaries passent par intermittence : fréquences à confirmer auprès des compagnies [À VÉRIFIER].

En car : aucun train ne dessert la région. Les autocars CTM et Supratours, filiale de l'ONCF, relient Guelmim à Agadir et au reste du Royaume, horaires à vérifier avant le départ.

En route : la route nationale 1 relie Guelmim à Tan-Tan et prolonge l'axe du sud. La monographie de 2015 recense 3 384 km de routes, dont 1 442 revêtues, soit 37 % du réseau. Depuis Agadir, comptez un peu plus de trois heures.

Sur place : la location de voiture ouvre les oasis, les agadirs et les plages. Taxis et taxis collectifs couvrent les trajets urbains, prix à convenir avant de monter. L'ensablement des axes impose de rouler sans précipitation.

Pour prolonger le voyage, Agadir reste la porte d'entrée la plus simple de la région.

Où se loger et que goûter

En famille : Guelmim, chef-lieu et nœud routier, concentre les services. Fin 2012, la région ne comptait que 31 établissements classés et un peu plus de 1 000 lits, dont 55 % en province de Guelmim.

En couple : Sidi Ifni, pour l'océan et l'architecture, puis Legzira pour la lumière du soir sur le grès rouge. L'offre s'y limite : réservez à l'avance [À VÉRIFIER].

Petit budget : les maisons d'hôtes et auberges des petites villes restent les plus accessibles. Dans l'intérieur, l'hébergement se raréfie vite et se négocie sur place, sans prix affiché ici.

À table, la pêche commande le menu : sardines et poissons grillés, venus des ports de Tan-Tan et de Sidi Ifni. Les oasis ajoutent des dattes, du miel et des figues de barbarie. Le thé à la menthe accompagne chaque halte, servi brûlant.

Itinéraire sur place

Une journée, depuis Guelmim :

  • Matin : souk Amhayrich le samedi, ou grand marché en semaine, à l'extérieur de la ville.
  • Fin de matinée : canaux de l'oasis de Tighmert, entre palmeraies et greniers.
  • Midi : poisson grillé, puis repos pendant les heures chaudes.
  • Après-midi : source thermale d'Abaïno, 16 km au nord-ouest, eau à près de 38 °C.
  • Soir : thé et dattes, au retour vers Guelmim.

Trois jours, le tour des provinces :

  • Jour 1 : Guelmim, souk Amhayrich, oasis de Tighmert et source d'Abaïno.
  • Jour 2 : route vers Sidi Ifni, centre art déco, puis plage de Legzira à marée basse.
  • Jour 3 : montée vers l'agadir d'Amtoudi, ou détour par Tan-Tan et la Plage Blanche.

Les trois journées se font avec le réservoir plein : la montagne ajoute des lacets et des villages sans service.

Conseils pratiques

  • Soleil : chapeau, crème et lunettes, l'écart entre jour et nuit reste fort dans le sud.
  • Eau : la ressource est rare, remplissez vos bouteilles à chaque ville traversée.
  • Route : les crues d'oueds et le sable abîment les axes, roulez de jour quand c'est possible.
  • Tenue : épaules et genoux couverts dans les lieux religieux, un châle protège du vent.
  • Photos : demandez toujours la permission au souk et près des troupeaux.
  • Argent : gardez des espèces, les distributeurs restent concentrés dans les grandes villes [À VÉRIFIER].
  • Frontière : la région borde l'Algérie et la Mauritanie, vérifiez les conditions d'accès avant de vous approcher [À VÉRIFIER].

Questions fréquentes

Combien de jours pour visiter la région Guelmim-Oued Noun ?

Deux jours suffisent pour Guelmim, ses oasis et la côte atlantique. Ajoutez une troisième journée pour Sidi Ifni et Legzira, ou pour Tan-Tan et la Plage Blanche. Avec quatre à cinq jours, vous ajoutez ensuite Amtoudi et Assa-Zag sans courir.

Quelle est la meilleure période pour visiter la région Guelmim-Oued Noun ?

Le printemps et l'automne offrent les températures les plus douces et les vents les plus faibles. L'été devient pénible à l'intérieur, l'hiver reste praticable sur la côte mais les nuits fraîchissent. Préférez mars à mai, puis septembre à octobre, en vérifiant les dates des moussems.

Comment se rendre à Guelmim depuis Agadir ?

Par la route, en un peu plus de trois heures par la nationale 1. En autocar, CTM et Supratours relient les deux villes chaque jour, horaires à vérifier avant le départ. L'avion n'est utile que si vous venez de loin et passez par Casablanca.

Que voir dans la région sans voiture de location ?

Le centre de Guelmim, le souk du samedi et les oasis proches se rejoignent en taxi. Sidi Ifni se parcourt à pied, Legzira demande une navette [À VÉRIFIER]. Sans véhicule, réduisez l'itinéraire à deux bases et négociez les trajets à l'avance.

Que manger dans la région de Guelmim-Oued Noun ?

La pêche domine : sardines, poissons grillés et conserves viennent des ports de Tan-Tan et de Sidi Ifni. Les oasis apportent dattes et miel, les fêtes servent viande de dromadaire et agneau. Demandez le plat du jour, sans prix affiché à l'avance.

Préparer votre séjour dans la région

Vous avez les quatre provinces, les dates et les distances. Reste à choisir votre axe : la côte atlantique, les oasis de l'oued Noun ou l'Anti-Atlas.

Planifier mon voyage dans la région Guelmim-Oued Noun, c'est fixer vos dates selon les vents et les moussems. Réserver une visite guidée dans la région, c'est rejoindre Amtoudi ou Tighmert avec un guide qui connaît le terrain.

La monographie de la région Guelmim-Oued Noun

La monographie de la région est un document officiel édité par le Ministère de l'Intérieur. Elle rassemble, province par province, la population, l'économie, les infrastructures, le tourisme, l'agriculture, la santé et l'éducation.

Le voyageur y retrouve les chiffres datés qui manquent aux guides : 433 757 habitants en 2014 et 46 108 km². La même source compte quatre provinces, quatre hôpitaux généraux, deux ports et deux aéroports.

Téléchargez la monographie officielle de Guelmim-Oued Noun (PDF).

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Rédaction

Auteur chez Le Guide Marocain