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Visiter Agadir : la plage, le souk et la colline qui se souvient de 1960

Visiter Agadir : la plage, le souk et la colline qui se souvient de 1960

Visiter Agadir, c'est d'abord croiser ses habitants avant de se fier aux cartes postales. Cette ville du Maroc du Sud a été port de caravanes, puis station balnéaire, puis ville reconstruite. Elle vous convient si vous voulez nager le matin, marcher le soir et comprendre un Maroc différent de Marrakech.

Un peu plus de 500 000 habitants vivent dans la commune, et près d'un million dans l'agglomération qui relie Inezgane et Aït Melloul. Vous y lisez deux paysages superposés : une baie de dix kilomètres de sable et une colline de 236 mètres.

Cette colline garde les ruines de l'ancienne ville. Le reste se découvre à pied, sans programme figé.

Histoire d'Agadir en bref

En amazigh, la langue des Berbères, un agadir est un grenier fortifié défendu par une tribu. Agadir Oufella signifie « le grenier du haut », d'où le nom de la ville.

En 1505, les Portugais installent au pied de la colline le comptoir de Santa Cruz. En 1540, le sultan saâdien Mohammed Ech-Cheikh s'installe au sommet avec de l'artillerie et reprend la place en 1541.

Aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, Agadir est le port des caravanes du Sahara. Or, gomme et plumes d'autruches y troquent contre des textiles et des armes à feu. Sous Moulay Ismaïl, la ville porte le surnom de « Bab Es Soudan », la porte du Soudan.

En 1644, un capitaine hollandais note avoir chargé à Sainte-Croix autant d'or que sa chaloupe pouvait en porter. La chute est pourtant brutale.

En 1765, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah ferme le port et fonde Mogador, l'actuelle Essaouira. On y interdit les navires étrangers en 1776.

Des familles migrent et obtiennent à Mogador le quartier de « Derb Ahl Agadir », celui des gens d'Agadir.

Le 29 février 1960, à 23 h 41, un séisme de magnitude 5,7 frappe sous Agadir. Il dure moins de quinze secondes et tue entre 12 000 et 15 000 personnes, un tiers des habitants.

Les quartiers de la kasbah, Founti, Yachech et Talborjt disparaissent. Le lendemain, le futur Hassan II dirige les secours sur place. Les « Normes d'Agadir 1960 » deviennent les premières règles parasismiques du pays.

Que voir et que faire à Agadir

La plage et la corniche

La plage d'Agadir court sur une dizaine de kilomètres le long de la baie, du côté de Talborjt jusqu'à Anza, au sud. Le sable est fin, la pente douce et les vagues restent faibles dans la partie aménagée.

L'eau, entre 17 et 21 °C selon les mois, se prête à la baignade de mars à novembre. La corniche, entièrement piétonne, relie le front de mer et la marina.

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La kasbah d'Agadir Oufella

La colline de la kasbah domine la baie à 236 mètres d'altitude. On y monte pour la vue : le port, la ville, la plage et, le soir, le soleil qui tombe dans l'océan.

Ce que vous voyez sont les restes du fort saâdien et de l'ancienne médina, la vieille ville, détruits en 1960. Une porte conservée porte une inscription néerlandaise de 1746 : « Craignez Dieu et honorez le roi ».

La nuit, l'inscription « Dieu – Patrie – Roi », tracée en pierres blanches, éclaire toute la colline.

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Le souk el Had

Le souk el Had, le « marché du dimanche », s'étend sur 13 hectares en plein centre, derrière des murs de terre. On y compte plus de 3 000 boutiques classées par rayon : épices, huile d'argan, cuir, vaisselle, primeurs.

Il ferme le lundi, alors que son nom vient d'une époque où il n'ouvrait que le dimanche. Allez-y le matin, avant que la chaleur n'installe dans les allées.

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Le marché aux poissons du port

Le port d'Agadir figure parmi les plus grands ports de pêche d'Afrique. Dès l'aube, la criée met aux enchères la pêche du jour : sardines, dorades, poulpes, calamars, crevettes, thons.

Autour du bassin, de petits restaurants cuisinent l'achat au gril ou au tajine de poisson, cuit dans un plat de terre. C'est le repas le plus frais et souvent le moins cher de la ville. Les horaires suivent les débarquements : venez tôt, repartez avant midi.

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La médina d'Agadir

Agadir n'a pas de vieille ville : le séisme de 1960 l'a emportée. En 1992, l'architecte italien Coco Polizzi commence une médina neuve de 4,5 hectares, avec des maçons et des artisans de la région.

Pierre blanche d'Agadir, pierre rouge d'Argana, ardoise verte d'Anzi, terre ocre de Taliouine : chaque matériau vient du paysage d'alentour. On y trouve des ateliers de tissage et de dinanderie, un amphithéâtre et des jardins.

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Le musée municipal du patrimoine amazigh

Le musée occupe trois étages dans le passage Aït Souss, en plein centre. Il a été inauguré le 29 février 2000, quarante ans jour pour jour après le séisme.

Ses salles réunissent près de 900 pièces : bijoux en argent du Souss, tapis, portes sculptées, armes, outils de bois. Le collier de Massa, gardé dans la salle du trésor, en est la pièce la plus connue.

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Taghazout, Aourir et la côte des surfeurs

À 19 kilomètres au nord, Taghazout est un ancien village de pêcheurs devenu capitale du surf marocain. Anchor Point et Killer Point attirent les surfeurs confirmés ; la plage d'Aourir, surnommée « Banana Beach », accueille les débutants.

Tamraght, entre les deux, concentre la plupart des écoles de surf. Un grand taxi partagé relie Agadir à Taghazout en une trentaine de minutes. Le souk d'Aourir se tient le jeudi, à des prix bien plus bas.

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Le parc national de Souss-Massa

À une quarantaine de kilomètres au sud, le parc national de Souss-Massa protège 33 800 hectares de dunes, de steppes et d'estuaires depuis 1991. L'oued Souss et l'oued Massa y rejoignent l'Atlantique.

Leurs zones humides sont classées Ramsar depuis janvier 2005. C'est l'un des deux derniers lieux où l'ibis chauve niche encore à l'état sauvage. Le centre d'accueil d'Oued Massa est le bon point de départ.

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Quand visiter Agadir

Agadir reçoit environ 250 mm de pluie par an, presque tous entre octobre et avril. Les moyennes oscillent autour de 14 °C en janvier et de 22 à 23 °C en été.

Un vent venu du Sahara, le chergui, peut pourtant faire grimper le thermomètre au-dessus de 40 °C, surtout en mai et en septembre.

La meilleure période pour visiter Agadir va de mars à mai, puis de septembre à octobre. L'eau se réchauffe, la ville se vide des vacanciers et les tarifs retombent. L'hiver reste doux, propre à la randonnée dans l'Anti-Atlas.

Le grand rendez-vous culturel est le festival Timitar, créé en 2004. Trois jours de concerts gratuits, autour des musiques amazighes et du monde, se tiennent en juillet sur la place Al Amal.

Un festival des musiques populaires d'Agadir se tient aussi dans l'année, à dates variables.

Comment se rendre à Agadir et s'y déplacer

En avion. L'aéroport Al Massira reçoit des vols directs depuis l'Europe, notamment Londres, Paris, Düsseldorf ou Genève, et des lignes intérieures vers Casablanca, Rabat, Fès et Tanger. Il se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-est, dans la plaine du Souss.

Comptez une trentaine de minutes de taxi jusqu'à la baie ; une navette et des bus assurent aussi le trajet.

En train. Aucune ligne de voyageurs n'atteint Agadir : le réseau ferroviaire s'arrête à Marrakech. Les autocars Supratours et d'autres compagnies relient les deux villes en environ trois heures et demie, plusieurs fois par jour.

En route. L'autoroute Casablanca–Agadir, mise en service en 2010, parcourt 429 kilomètres par Marrakech. La nationale 1 mène vers Essaouira, la nationale 8 vers Marrakech.

Les distances restent raisonnables : 175 kilomètres jusqu'à Essaouira, 230 jusqu'à Marrakech, environ 500 jusqu'à Casablanca.

Sur place. Les bus urbains relient le centre aux quartiers de la côte et à Inezgane. Les petits taxis couvrent la ville, les grands taxis partagés le reste de la région.

La location de voiture devient utile pour Taghazout et pour le parc national.

Où se loger et que goûter

Le front de mer et le quartier de Founty concentrent hôtels et résidences avec piscine : c'est le choix le plus confortable pour les familles. Le centre-ville, entre la marina et le souk, convient à un séjour à budget moyen.

Talborjt et Inezgane, à l'intérieur des terres, sont les quartiers les moins chers. Pour un couple ou un séjour calme, préférez Taghazout et Tamraght, à une trentaine de minutes de la ville.

À table, Agadir est une ville de poisson. Les sardines de l'Atlantique y dominent, mais le tajine de poisson et le gril du marché aux poissons y sont reconnus.

Goûtez aussi l'amlou, cette pâte d'amandes, d'huile d'argan et de miel qui vient du Souss. Le safran de Taliouine, cultivé un peu plus au nord, se vend ici aussi. Préférez les boutiques qui le conditionnent aux étals du souk.

Itinéraire sur place

Une journée à Agadir

  • Dès le matin : le marché aux poissons du port, puis un café sur le front de mer.
  • Matinée : la kasbah d'Agadir Oufella et la vue sur la baie.
  • Déjeuner : poisson grillé, près du port ou au souk.
  • Après-midi : le souk el Had, fermé le lundi, puis la plage.
  • Fin de journée : la corniche jusqu'à la marina, pour le coucher de soleil.

Trois jours à Agadir

  • Jour 1 : le port, la kasbah, le souk el Had, la plage.
  • Jour 2 : la médina d'Agadir, le jardin d'Olhão, puis le Crocoparc, à une quinzaine de kilomètres sur la route de Marrakech.
  • Jour 3 : Taghazout et Aourir le matin, la vallée du Paradis l'après-midi.
  • Alternative : le parc national de Souss-Massa, autour d'Oued Massa, pour une journée nature.

Conseils pratiques

  • Le souk el Had ferme le lundi : organisez vos achats en conséquence.
  • Le matin est la meilleure heure, partout : criée, souk, kasbah.
  • Négociez sans hâte et avec le sourire ; un « non » poli n'offense jamais personne.
  • Emportez des dirhams en espèces : les étals du souk et du port ne prennent pas la carte.
  • Prévoyez chapeau et crème solaire, même en hiver : le soleil du Souss est sec.
  • Restez dans les zones aménagées pour la baignade : les courants sont puissants en dehors.
  • Pendant le Ramadan, évitez de manger ou de boire en public le jour.

Questions fréquentes

Que faire à Agadir en une journée ?

Le marché aux poissons et la kasbah le matin, le souk el Had en début d'après-midi, puis la plage pour finir la journée. C'est suffisant pour saisir la ville, à condition de partir tôt et de renoncer à tout voir.

Quelle est la meilleure période pour visiter Agadir ?

Entre mars et mai, puis de septembre à octobre, c'est la fenêtre la plus agréable pour nager. L'eau se réchauffe, la chaleur reste supportable et la ville retrouve son rythme ordinaire. L'hiver y est doux, l'été est la saison balnéaire la plus fréquentée et la plus chère.

Comment se rendre de Marrakech à Agadir ?

En autocar, essentiellement : aucune ligne ferroviaire ne dessert Agadir. Les autocars Supratours partent plusieurs fois par jour de Marrakech et mettent environ trois heures et demie. Par la route, comptez un peu moins de trois heures, horaires à vérifier avant le départ.

Agadir est-elle une bonne destination pour les familles ?

Oui : la ville est large, la plage douce et les services regroupés le long de la corniche. La Vallée des Oiseaux et le Crocoparc complètent les journées de baignade. Réservez néanmoins une matinée au port, que les enfants suivent bien.

Agadir a-t-elle une vieille ville comme Marrakech ou Fès ?

Non : le séisme de 1960 a détruit l'ancienne médina. Agadir possède une médina recréée en 1992 et un grand souk bâti après le tremblement de terre. L'histoire de la ville se lit sur la colline de la kasbah, seul témoin de l'ancien quartier.

Conclusion

Agadir ne joue pas la carte de la médina millénaire. Elle raconte le commerce transsaharien, le séisme de 1960 et une reconstruction menée sans précipitation.

Derrière la plage, c'est un Maroc du Sud, tourné vers l'Atlantique et vers l'Afrique, que vous découvrez.

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La monographie de la région de Souss-Massa

Les chiffres du Souss-Massa — démographie, hôtellerie, transports, zones industrielles — sont rassemblés dans la monographie officielle de la région, publiée par le Ministère de l'Intérieur. Téléchargement gratuit en PDF : le document aide à préparer un séjour sur des données solides, loin des approximations des brochures.

Télécharger la monographie de la région de Souss-Massa (PDF)

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Rédaction

Auteur chez Le Guide Marocain